Vers une consommation plus engagée ?

Vers une consommation plus engagée ?

Depuis quelques années, de plus en plus de consommateurs se dirigent vers les marques et les produits durables, minimisant son empreinte écologique. Cette tendance se traduit notamment par l’explosion des produits alimentaires biologiques mais aussi des cosmétiques, de l’automobile, des produits d’entretien ou high-tech où le mouvement commence à s’implanter peu à peu.

Les Français en pleine transition alimentaire

D’après une étude réalisée par l’Obsoco (Observatoire Société et Consommation), en 2017, 82% des Français se disent plus attentifs à leur alimentation qu’il y a 3 ans. Dorénavant, les consommateurs recherchent de plus en plus des produits de qualité qui leur apportent des bénéfices santés. Une tendance confirmée par Philippe Guilbert, directeur général de Toluna. “Manger sain est une préoccupation primordiale, puisque 7 Français sur 10 déclarent y être sensible aujourd’hui. Que ce soit pour des raisons de forme, de bien-être ou de santé. Une large majorité cherche des aliments sains, des fruits et légumes de saison, des produits moins gras, moins sucrés, moins salés.”

On constate que ces modifications d’habitudes alimentaires sont plus présentes chez les femmes que chez les hommes (73,3% contre 66,7%) et chez les CSP+ (72,8% contre 68% chez les CSP-). De plus, une étude menée par Nielsen montre que la génération Y est la plus engagée. 85% d’entre eux pensent que l’engagement des entreprises est une priorité contre 72% des “baby-boomers”.

Toujours selon l’étude menée par l’Obsoco, 4 typologies de consommateurs émergent. On retrouve tout d’abord les adeptes du régime standard (62%). Ces derniers suivent un modèle d’alimentation dit classique. Ils sont peu disposés à changer leur régime mais ils sont cependant de plus en plus soucieux du contenu de leurs assiettes. On retrouve ensuite, les opportunistes (20%). Cette typologie de consommateurs opte pour un régime alimentaire occasionnel conditionné par des motivations telles que la perte de poids ou encore la remise en forme. Les sensibilisés (11%) quant à eux, s’identifient comme flexitariens. Il s’agit d’un nouveau mode de consommation qui consiste à manger moins de viande et à choisir des produits de saison plus qualitatifs. Enfin, les radicaux (7%) sont les consommateurs les plus engagés vers de nouveaux régimes alimentaires (jeûne, détox, circuit alternatif, bio). Pour Philippe Moati, co-président de l’Obsoco “cette population s’impose un régime strict qui peut s’apparenter à un message politique et militant”.

Des consommateurs de plus en plus responsables

D’après une étude réalisée par Greenflex, 86% des Français tentent d’adopter une consommation plus responsable, c’est-à-dire une consommation plus engagée pour le respect de l’environnement, de l’animal et de l’homme. Ils souhaitent redonner du sens à leur consommation et entendent bien que les enseignes les accompagnent. Ainsi, pour 53% des Français, la consommation responsable passe par l’achat de produits labellisés, de produits bio, issus du commerce équitable ou encore de la production locale

D’ailleurs une étude Nielsen démontre que les produits mettant en avant des composants écologiques se vendent mieux que ceux qui n’en portent pas. Ainsi, la vente de produits cosmétiques “écolo” a connu une augmentation de 14% en 2017 contre seulement 1% pour la même catégorie de produits sans arguments de ventes écologiques. De même pour le chocolat. Lorsque celui-ci est traditionnel, ses ventes ont augmenté de 5% alors que les équivalents écologiques ont connu une croissance de 16%.

Face à ces nouveaux enjeux, les marques ont bien compris qu’elles doivent répondre à de nouveaux besoins et développent ainsi leur offre responsable. Franprix, par exemple, a lancé un nouveau magasin “Franprix Noé”, consacré à la consommation responsable. Dans la boutique parisienne, on retrouve des produits équitables, biologiques, locaux,  choisis pour leur qualité et leur goût. Carrefour Bio se développe également à Madrid où plus de 1800 produits bio sont proposés dans une boutique de 140 m².

De manière plus globale, les consommateurs peuvent retrouver dans chaque enseigne de la grande distribution un rayon consacré aux produits bio. Une étude réalisée par l’Agence Française pour le Développement et la Promotion de l’Agriculture Biologique, démontre que la part de marché des GMS dans le secteur du bio est d’environ 45%, contre 37% pour la distribution spécialisée bio, 13% pour la vente directe du producteur au consommateur et 5% pour les artisans ou commerçants.

De nos jours, les consommateurs sont à la recherche de plus de transparence de la part des enseignes. Ils souhaitent avoir une consommation plus collaborative et qui a du sens. En valorisant leur démarche RSE dans leur communication, les entreprises créent de la valeur et gagne la confiance des consommateurs. En intégrant cette démarche dans leur stratégie de marque, les entreprises se montrent plus humaines. Le consommateur désire également faire partie du processus d’élaboration du produit et attend des marques une offre personnalisée.

Les 3 principaux freins à une consommation responsable pour les consommateurs restent l’accessibilité prix, la praticité et l’honnêteté/la sincérité des marques.

La sécurité alimentaire au cœur des préoccupations des consommateurs

D’après une étude réalisée par Kantar Wordlpanel, les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par la sécurité alimentaire (+7 points en un an) et sont à la recherche de produits sans substances chimiques (+14% de croissance volume pour le bio) et plus traçables (au travers du Made in France, des circuits courts, du fait maison ou encore du local).

D’ailleurs, les consommateurs sont prêts à mettre la main au porte-monnaie. Ainsi, 63% des ménages sont prêts à payer plus cher pour des produits de qualité contre 37% qui affirment que le prix est le critère principal dans le choix d’un produit.

Ainsi, d’après une étude menée par OpinionWay pour Max Havelaar France, en 2018, 79% des Français désirent trouver plus de produits équitables sur leurs lieux de consommation. Mais pour 81% d’entre eux la grande distribution ne doit pas être la seule à proposer plus de produits équitables. Les écoles, les restaurateurs et les entreprises doivent également participer à la croissance de ce secteur.

Au-delà du prix des produits achetés, les Français prennent aussi en compte, le lieu de fabrication (75% contre 62% en 2017), l’environnement (62%), les conditions de production (62% contre 43% en 2017), la personne qui a produit (54% contre 35% en 2017) et la rémunération des producteurs (36% contre 26% en 2017).

Cette tendance s’explique notamment par la médiatisation des Bad-buzz de l’agro-industrie (glyphosate, produits industriels…) mais aussi par la prolifération des labels et des applications nutritionnelles. Ainsi, toujours selon le sondage réalisé par Kantar Wordlpanel, en 2018, 19% des foyers Français se servent d’au moins une application alimentaire permettant de scanner les produits et d’obtenir une information sur l’impact du produit sur la santé. Et 75% d’entre-eux assurent que l’utilisation de cette application a modifié leur comportement d’achat.

 

Le consommateur Français, depuis quelques années déjà, a pris conscience du lien qui existe entre son alimentation, sa santé et son bien-être. Cela se traduit par une consommation plus attentive, plus engagée et plus transparente. Certains secteurs sont plus touchés que d’autres, notamment l’alimentaire et les cosmétiques. La montée en puissance de ces préoccupations aura donc un impact sur le commerce de demain et les industriels devront s’y adapter.

 

 

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